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Surmortalité liée à la Covid19 : des vérités relatives aux fakes absolus

Singe

Une vérité sur une vérité fait une vérité.

Une vérité sur un mensonge fait une vérité.

Un mensonge sur une vérité fait un mensonge.

Un mensonge sur un mensonge ne fait pas une vérité...”

Un “portnaoiq-tableau” parmi tant d’autres sur les réseaux sociaux

Vous êtes sans doute nombreux à avoir reçu, via les réseaux sociaux, le message ci-dessous :

C’est du sérieux :

  • le logo de l’INSEE, L’Institut national de la statistique et des études économiques, qui “a été créé par la loi de finances du 27 avril 1946. C’est une direction générale du ministère de l’Économie et des Finances implantée dans l’ensemble du territoire français. Son indépendance professionnelle est inscrite dans le droit : la loi de modernisation de l’économie du 4 août 2008 a créé l’Autorité de la Statistique publique, qui doit veiller au respect du principe d’indépendance professionnelle dans la conception, la production et la diffusion des statistiques publiques.” [source] ;
  • un lien vers une page du site de l’INSEE https://www.insee.fr/fr/information/4190491
  • un nom et une date.

Tout y est.

Et que nous montre ce tableau ?

Lorsque l’on compare les 9 premiers mois des dernières années, 2020 ne présente que 1 384 décès de plus que 2019, 285 de plus que 2018 et 2 190 de plus que 2017. Plus encore, seuls 2 mois de 2020 (avril et août) présentent plus de décès que les mêmes mois des années précédentes. Alors, où est la pandémie ? Et surtout pourquoi le confinement ? Pourquoi la distanciation sociale ? Pourquoi le couvre-feu ? Pourquoi les masques ? Pourquoi le gel hydroalcoolique ? Mille questions viennent immédiatement à l’esprit. Les mensonges sont partout. Alors mille mercis à ces personnes qui les traquent et poussent dans leurs derniers retranchements les pauvres moutons blancs qui croient tout ce qu’on leur raconte. Mille questions se posent, plus une.

Pourquoi ne pas vérifier les sources ?

Sur la page https://www.insee.fr/fr/information/4190491 le tableau ne figure pas. Dommage pour référence. Mais l’on y trouve bien mieux : les fichiers des personnes décédées depuis 1970. Ces fichiers sont mensuels pour 2020, annuel pour les années antérieures jusqu’à 1970. Pour chaque décès, ils donnent :

  • le nom et le prénom ;
  • le genre ;
  • la date, le lieu, la commune et le pays de naissance ;
  • la date et le lieu du décès ;
  • le numéro de l’acte de décès.

Les fichiers mensuels comportent chacun aux alentours de 60 000 lignes, les fichiers annuels environ 600 000. Une vraie mine d’or ! Sur les mois récents, j’y ai même retrouvé mon père…

Commençons à vérifier les sources. Par exemple, le fichier de janvier 2020. C’est un fichier qui comporte 60 584 enregistrements. Une simple question : comment fait-on rentrer 73 404 décès (ceux que l’on trouve dans le tableau qui circule) dans 60 584 enregistrements (ceux du fichier de l’INSEE) ? Celui du mois d’avril 2020 comporte 70 943 enregistrements, quand le tableau qui circule évoque 67 213 décès. Même question. En réalité, toutes les données du tableau qui circule sont logées à la même enseigne.

Par ailleurs, un examen (pas nécessairement très attentif) des données montre que des enregistrements “étranges”. Par exemple, toujours sur le mois de janvier 2020, près de 22 % des enregistrements présentent une date de décès différente de janvier 2020, mais seulement 1,8 % antérieure à décembre 2019. La petite note méthodologique de l’INSEE l’explique :

  • “le fichier mis à disposition un mois donné, ne comprend pas tous les décès survenus durant le mois, les informations pouvant parvenir à l’Insee dans le courant du ou des mois suivant(s). À l’inverse, le fichier du mois peut comprendre des décès survenus antérieurement” ;
  • L’Insee ne peut garantir que les fichiers des personnes décédées sont exempts d’omissions ou d’erreurs“.

Ceci se produit sur l’ensemble des tableaux, qu’ils soient mensuels ou annuels. De ce fait, il semble difficile d’établir, avec ces fichiers (d’autres sources existent pour ce faire), un décompte juste des décès mensuels, comme prétend le faire le tableau qui circule.

Par ailleurs, l’INSEE délivre régulièrement une multitude d’études et de tableaux montrant la surmortalité du premier semestre 2020 par rapport aux années antérieures, par exemple :

De nombreux sites, tels AFP-factuel ou encore 20Minutes, avaient déjà abouti aux mêmes conclusions que ce modeste papier.

En d’autres termes, ce tableau – comme tant d’autres qui circulent –  est un gros fake* ! 

Les moutons et les singes

À trop vouloir dire systématiquement le contraire de ce que les moutons blancs entendent et écoutent, on devient un mouton noir. Mais, blanc ou noir, un mouton reste un mouton : devinable, prévisible.

Plutôt que d’être des moutons, quelle qu’en soit la couleur, ne pourrions-nous pas être des singes ? Pas de ceux qui, accroupis, écoutent tout, voient tout et répètent tout ou de ceux qui se bouchent les oreilles, se cachent les yeux et se taisent. Plutôt de ceux qui, il y a bien longtemps dans une savane, ont pensé que se dresser sur leurs pattes arrière leur permettrait de voir plus loin… et mieux.

* J’ai bien dit fake…

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